mercredi 7 mai 2008, par
L’investiture à portée de main pour Obama Barack Obama se rapproche de l’investiture du Parti démocrate. Sa victoire écrasante en Caroline du Nord et sa courte défaite dans l’Indiana ont encore affaibli Hillary Clinton et son camp accentue la pression sur les super-délégués pour qu’ils tranchent en sa faveur ce duel farouche et historique pour la Maison Blanche. "Ce soir nous sommes à moins de 200 délégués de l’investiture du parti démocrate pour la candidature à la présidence des Etats-Unis", a lancé mardi soir le jeune sénateur de l’Illinois, qui à 46 ans, veut devenir le premier président noir de l’histoire du pays. Il s’est même offert un jour de congé après ses résultats qui "dégagent le chemin vers la Maison Blanche". Mardi soir, Barack Obama a remporté au moins 94 délégués dans les deux Etats combinés et Hillary Clinton au moins 75, 18 délégués devant encore être répartis entre les deux candidats. Au total, Barack Obama compte 1.840,5 délégués contre 1.684 pour Hillary Clinton. Il faut 2.025 délégués pour être sûrs d’emporter l’investiture lors de la convention nationale du parti en août. Mais sachant qu’il ne reste plus que 217 délégués en jeu dans les six dernières primaires, il est mathématiquement quasiment impossible que l’un ou l’autre candidat remporte le nombre de délégués requis pour être sûr de gagner. Aucun ne pourra se passer du soutien des "super-délégués", ces dignitaires du parti qui peuvent voter pour le candidat de leur choix. Fort de ses nouveaux bons résultats, le camp Obama multiplie les appels du pieds en direction des quelque 270 super-délégués qui n’ont pas encore fait connaître leur choix. "On sent que le parti est impatient de régler cela et passer à autre chose", estimait David Axelrod, principal stratège de la campagne d’Obama. "Il ne fait pas de doute que la ligne d’arrivée est en vue." "Il est temps maintenant que les super-délégués commencent à clore cette procédure et annoncent leur préférence", a insisté le gouverneur de l’Arizona Janet Napolitano, lors d’une conférence de presse téléphonique organisée par la campagne d’Obama. Barack Obama a déjà empoché le soutien de quatre super-délégués supplémentaires mercredi. Hillary Clinton, qui semble avoir laissé passer sa dernière chance de l’emporter, refuse pourtant d’abandonner. Elle a redit mercredi à Shepherdstown, en Virginie occidentale, l’Etat de la prochaine primaire, qu’elle resterait en lice jusqu’à ce qu’un candidat soit choisi. L’ex-Première dame a néanmoins subi un coup dur symbolique mercredi, avec le revirement de l’ancien sénateur George McGovern, candidat à la présidence en 1972 et ami proche du couple Clinton, qui a appelé Hillary à se retirer de la course. La semaine dernière déjà, Joe Andrew, un super-délégué, avait changé de camp pour soutenir Obama. L’épouse de Bill Clinton a aussi dû lancer un nouvel appel aux dons à ses partisans, avant de prêter elle-même une nouvelle fois de l’argent à sa campagne, pour un total de 6,4 millions (4,12 millions d’euros) au cours du mois écoulé. Elle avait déjà prêté cinq millions de dollars au début de l’année. Face aux prouesses financières de Barack Obama, Hillary Clinton manque d’argent. Sa victoire en Pennsylvanie le 22 avril dernier lui avait permis de récolter 10 millions de dollars de dons sur Internet (6,44 millions d’euros). Mais cela ne suffit manifestement pas et sa campagne de récolte de fonds ne réussit pas à suivre les dépenses. Les démocrates pourraient ne pas sortir indemnes de cette longue et souvent âpre bataille pour l’investiture. La campagne a renforcé les divisions au sein du parti, selon les sondages réalisés à la sortie des urnes dans l’Indiana et la Caroline du Nord. Une grosse majorité des partisans de chaque candidat dit qu’elle ne sera pas satisfaite si c’est l’autre qui remporte l’investiture. Et un tiers des partisans de la sénatrice de New York dans ces deux Etats vont jusqu’à annoncer qu’ils voteraient pour le candidat républicain John McCain en novembre si c’est Obama qui porte les couleurs du parti de l’âne.
latribune