Mme Fatima Seddaoui. DG de l’Ansej « Désormais, éligibilité vaut financement » La directrice de l’Ansej promet le financement, pour l’exercice 2009, de 30 000 micro entreprises. Elle affirme que pour cette année, les jeunes promoteurs connaîtront plus de facilitation en matière de financement de leurs projets, puisque l’attestation d’éligibilité dont ils disposeront leur ouvrira automatiquement droit à un financement bancaire.
El Watan Interview Quel a été l’objectif de l’organisation du Salon de l’emploi pour cette année ? Nous avons essayé, à travers ce Salon, de toucher tous les secteurs économiques et de mettre en exergue ce qui peut être encourageant pour les jeunes. Nous avons ramené des étudiants pour des visites guidées au Salon afin de leur montrer des modèles de réussite qui peuvent leur inculquer l’esprit de l’entreprenariat. Notre objectif est de leur montrer que dans la vie, il y a d’autres chemins qui peuvent mener vers la réussite. Nous voulons parvenir à cet objectif parc e que nous sommes une agence qui soutient les jeunes, qui les accompagne et leur fait dépasser la ligne rouge de l’échec. Nous visant ainsi la lutte contre le chômage par des actions économiques.
Quel bilan faites-vous aujourd’hui du dispositif Ansej ?
En deux années, nous avons réussi à déconcentrer le pouvoir de décision. Nous avons aussi créé un espace d’échange et de concertation au niveau local qui est la clef (Commission locale d’éligibilité) où siègent de différents représentants locaux des institutions et des pouvoirs exécutifs. Car, c’est au niveau local qu’on peut constater la saturation ou non d’un créneau, comme le transport par exemple, et la nécessité de développer tel ou tel secteur. Nous intervenons par la suite pour placer nos micro entreprises. Nous agissons actuellement dans le développement rural à travers des activités qui ne sont pas de l’agriculture mais qui peuvent apporter un plus au développement rural. Nous avons même financé une micro entreprise à Ouargla spécialisée dans l’aquaculture. C’est dire que maintenant, après toute l’expérience acquise depuis 1997, date de création de l’Ansej, nous essayons d’aller vers la qualité pour ne pas créer des chômeurs endettés. Nous disposons aujourd’hui d’un département études chargé d’évaluer tous les projets pour ne pas encourager un promoteur à investir dans un créneau non porteur ou en crise.
Y a-t-il du nouveau dans ce dispositif pour cette année ?
La nouveauté pour l’année 2009, c’est la création des annexes dans les daïras et les grandes wilayas déléguées. A Alger, il y avait quatre antennes seulement. Maintenant il y en a treize. Le réseau devient ainsi plus dense. Aussi, sur décision du CIM du 6 juillet 2008, il a tété entendu pour l’Ansej la création de 30 000 micro entreprise en 2009, tout en bénéficiant des moyens nécessaires et du développement institutionnel de l’agence sur le terrain. Cet objectif de 30 000 entreprises est jouable, en ce sens que beaucoup de régions du pays sont vierges et peuvent accueillir des activités économiques.
Mais il reste toujours le problème des banques qui, selon les jeunes promoteurs, refusent toujours de « jouer le jeu »…
Il y a des conventions qui ont été signées avec des banques dans l’objectif de déconcentrer les procédures d’octroi des crédits bancaires. D’autres dispositions ont été également prises dans le cadre du CIM de juillet 2008 pour instaurer le principe : Attestation d’éligibilité vaut financement. Mais aujourd’hui, toute la responsabilité est portée par l’Ansej et la Cnac. Et pour que ces deux agences fassent leur travail convenablement, elles doivent accompagner le promoteur comme il se doit et éviter que se dernier se retrouve endetté. Je comprends le souci des banques et je constate que ces dernières commencent réellement à apprécier le développement institutionnel que nous sommes en train de réaliser, à travers la formation de notre encadrement et l’accompagnement du jeune promoteur pour la réalisation de son étude technico-économique. Cela à un double objectif, celui de rassurer les banques et les jeunes en même temps.
Certains jeunes proposent qu’il y ait un financement mixte, (Ansej-Promoteur) au lieu du triangulaire qui passe par la banque pour éviter tous les tracas constatés aujourd’hui, qu’en pensez vous ?
La banque est un agent économique incontournable. Toutes les économies du monde ont été portées par les banques. Notre rôle principal se limite à inculquer aux jeunes l’esprit de l’entreprenariat. Il est impossible de parvenir à cet objectif sans l’aide des banques. Cela étant dit, même dans le cas du financement mixte, si le projet n’est pas porteur nous ne le finançons pas. Et là, nous ne faisons qu’utiliser les instruments et les outils que les autres économies émergeantes ont utilisé dans leur réussite.
Qu’en est-il du dossier de l’indemnisation des banques ?
Depuis 2005, il y a une à deux réunions du comité de garantie qui statuent sur les indemnisations à octroyer aux banques. Mais avant d’en arriver là, nous essayons d’obtenir un accord à l’amiable entre la banque et le promoteur avec possibilité de rééchelonnement.